Prison avec sursis pour le chauffeur du bus espagnol qui s’était encastré dans un mini-tunnel en 2015

Il y a 2 mois 73

Ce mercredi matin, Marcelo T., 64 ans, est venu spécialement de Bilbao  : « Une volonté de faire face à ses responsabilités », indiquera son avocat. Depuis l’accident, la vie de cet homme est bouleversée. Il est en arrêt maladie, sous traitement antidépresseurs. Il n’a plus jamais conduit de bus, est même incapable d’y prendre place. L’instruction a été longue, notamment parce qu’il a fallu entendre les blessés en Espagne sur commission rogatoire internationale. Trente-sept passagers avaient été hospitalisés, essentiellement pour des blessures à la tête et aux cervicales, deux ont eu des incapacités estimées à quatre mois, et cinq personnes, des ITT entre huit et dix semaines.

Le 26 juillet 2015, le bus conduit par Marcelo T. a été décapité à 93 centimètres en dessous du toit que l’on a retrouvé désolidarisé de l’habitacle, sur la chaussée à côté du véhicule. La plupart des passagers et le deuxième chauffeur dormaient. Il n’y a pas eu de trace de freinage. Le bus s’est encastré sous un minitunnel du Grand Boulevard Lille-Roubaix-Tourcoing. Il faisait quatre mètres de haut, la hauteur était limitée à deux mètres soixante.

Le chauffeur n’a pas vu les panneaux

Marcelo T. n’est pas blessé dans l’accident et avec son collègue, il fera immédiatement sortir les passagers et appellera les secours. Aux policiers, il dit tout de suite qu’il n’a pas vu les panneaux.

Six ans après au tribunal, on n’apprend rien de plus sur les causes de l’accident. Le chauffeur n’a toujours pas d’explications. La juge Cécile André lui demande : « Vous n’avez pas vu le portique ni les panneaux ? Il y en a quatre sur deux cents mètres  ». Marcelo T. secoue la tête, il n’a rien vu. Son bus allait à Amsterdam, il conduisait sur ce trajet régulièrement chaque été, il l’avait fait la semaine précédente. Mais cette fois, précise-t-il, sur l’autoroute, il a raté l’embranchement de Gand. Alors, il a cherché un nouvel itinéraire.

GPS personnel configuré pour une voiture ?

« Aux policiers, il avait indiqué s’être servi de son GPS personnel, aujourd’hui il nous dit qu’il a cherché sa route uniquement avec les panneaux  », lui reproche la procureure Mathilde Deloux. La magistrate voit dans ce changement de version, la caractérisation d’une faute de conduite qui aggrave l’infraction de blessures involontaires. Parce que son GPS personnel était configuré pour une voiture pas pour un bus.

Pour sa défense, Me Cogniot rappelle que tout le monde a témoigné de ce que Marcelo T. était un chauffeur exemplaire, assurant le transport scolaire. Trente ans de conduite sans accidents, un conducteur scrupuleux sur les temps de conduite, la vitesse. Il n’y avait pas de traces de consommation d’alcool ou de stupéfiants. L’avocat insiste sur l’aspect accidentogène du secteur. La fermeture actuelle du Grand Boulevard, après deux accidents récents, lui donne raison.

Conformément aux réquisitions, Marcelo T. a été condamné à six mois de prison avec sursis et 135 euros d’amende. Il a dix jours pour faire appel.

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