Pourquoi l’université de Lille fusionne-t-elle avec quatre écoles ?

Il y a 4 semaines 67

Une fusion pour quoi faire ? L’université de Lille et quatre écoles viennent d’annoncer officiellement leur prochaine collaboration au sein d’un établissement public expérimental (EPE) qui doit voir le jour le 1er janvier 2022. Comme Nantes et Montpellier, ce projet n’attend plus que l’aval du gouvernement et la signature du premier ministre.

A Lille, l’école d’architecture (ENSAPL), l’école des arts et industries textiles (ENSAIT), Sciences-Po Lille et l’école de journalisme (ESJ) vont donc rejoindre les rangs universitaires. A moins que ce ne soit le contraire. Mais qu’est-ce que ça va changer ?

Parcours plus diversifié ou enseignement à deux vitesses ?

En 2018, la fusion des trois universités lilloises avait engendré pas mal de soucis administratifs pour les quelque 70.000 étudiants. « Cette fusion n’est pas encore terminée », avoue Jean-Christophe Camart, président de l’université de Lille. Pourtant, la direction remet ça avec l’intégration de quatre écoles et 4.000 élèves supplémentaires. « Ce sera plus facile de développer un cursus pluridisciplinaire diversifié en associant les formations. Il faut cultiver l’interdisciplinarité pour échapper aux spécialités toutes tracées », assure Eric Devaux, directeur de l’ENSAIT.

Opposition au projet au sein du personnel

Mais le projet est loin de faire l’unanimité au sein du personnel. « La présidence de l’université a d’ailleurs refusé un référendum sur le sujet », glisse Thomas Alam, maître de conférences et élu au conseil d’administration de l’université. Car pour les opposants, « le risque est grand de voir émerger un enseignement à deux vitesses ». « On craint de voir s’envoler les droits d’inscription car on pourra vendre les diplômes comme une marque », s’inquiète Thomas Alam.

Coup de fouet bénéfique ou négatif pour la recherche ?

Le futur EPE va disposer de 64 unités de recherche. Or, derrière cette fusion, c’est le maintien ou non du label I-Site qui se dessine, à en croire les organisateurs de l’EPE. Grâce à ce label – qui récompense les sites d’excellence – l’université de Lille bénéficie de 15 millions d’euros annuels pour la recherche. . « Si nous perdions ce financement, ce serait problématique », reconnaît Jean-Christophe Camart.

« Ils sont persuadés qu’ils vont perdre ce label s’ils ne créent pas un EPE. Or, l’université de Pau a obtenu ce financement d’excellence sans fusion. Pourquoi pas Lille qui est la deuxième plus grande de France en nombre d’étudiants ? », conteste Thomas Alam qui craint la transformation en « université-entreprise ».

De leur côté, Les Jeunes Insoumis.e.s de Lille dénoncent, dans un communiqué, cette « course aux classements internationaux qui se fait au prix de coupures budgétaires ». Ils estiment aussi que « les universités n’ont pas vocation à être libéralisées ou privatisées » et que la recherche doit bénéficier d’un « financement 100 % public à la hauteur des besoins ».

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