« Malheureusement, il n’y a qu’à se baisser pour trouver des déchets »... Le plogging, la course pour nettoyer la planète

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Nicolas Vandenelsken s'apprête à organiser le GreeNico Tour, un Tour de France du Plogging.

Nicolas Vandenelsken s'apprête à organiser le GreeNico Tour, un Tour de France du Plogging. — Pascal Bonière
Chaque jeudi, dans sa rubrique « hors-terrain », « 20 Minutes » explore de nouveaux espaces d’expression du sport, inattendus, insolites, astucieux ou en plein essor. Nicolas Lemonnier a donné de la visibilité en France au plogging, qui consiste à ramasser les déchets lors de son jogging. Aujourd’hui, l’association compte des ambassadeurs dans 84 pays et revendique 150.000 membres. Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, a repris sa vidéo sur son compte personnel, lui donnant une grande visibilité.

Ils ont commencé par un petit geste. Pendant leur entraînement, pendant leur footing. Un paquet de cigarette, une canette, un mégot, un sac plastique… Des détritus ramassés dans la nature ou au bord des routes et jetés ensuite la première poubelle. Courir et ramasser. De ces deux actions est né le terme de plogging, contraction du verbe suédois plocka upp (récupérer) et de jogging. Un nom pour une pratique aussi vieille que les déchets. « Depuis que l’on en produit, des personnes les ramassent. C’est un geste naturel. Personne n’a la primeur de dire c’est moi qui ai inventé le plogging ou le ramassage de déchets. Sauf qu’avant, ça n’avait pas de nom », sourit Nicolas Lemonnier.

A défaut de l’avoir inventé, c’est bien lui qui a donné à cette pratique de la visibilité en France. « En 2016, j’ai commencé à poster des photos sur les réseaux sociaux des déchets que je ramassais. Les gens ont eu un regard positif. Certains ont décidé de faire la même chose. On s’est réuni autour d’un groupe Facebook » Le Nantais, coureur amateur et ostéopathe, a créé l’association Run Eco Team pour lui donner de la visibilité. Et lorsque Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, a repris sa vidéo sur son compte personnel, la médiatisation de son action et les abonnements à la page ont explosé.

« On ne peut pas parler d’exploit quand on parle d’écologie »

Aujourd’hui, l’association compte des ambassadeurs dans 84 pays et revendique 150.000 membres. « On mène des interventions théoriques dans les écoles. C’est en se motivants les uns les autres qu’on arrivera à sauver la planète », reprend Nicolas Lemonnier.

Courir c’est donc bon pour la santé et bon pour l’environnement. Le plogging, un sport ou une philosophie ? A la limite des deux. Le Nantais le voit « davantage comme une sensibilité plus qu’une discipline. On ne peut pas parler d’exploit quand on parle d’écologie. » D’autres ont repris le concept, à leur manière. Clément Chapel accentue davantage le côté sportif de sa démarche. Plus événementielle également. « Le sport, c’est ma passion, mon rêve de gosse, explique-t-il. J’ai trouvé le moyen de réaliser ce rêve en y mettant du sens ».

Le GreeNico Tour, un tour de France du plogging

Depuis plusieurs semaines, il organise dans le sud de la France, à Milhaud, Palavas ou Montpellier, des tentatives de record du monde. Officieux, puisqu’il n’existe ni fédération, ni même aucun huissier pour intégrer le Guinness book des Records. « On n’a pas les moyens. Ces records du monde, c’est une façon de créer l’événement et donc l’intérêt », s’excuse-t-il presque. Mercredi soir, une tentative de 100 km était prévue depuis Millau, pour lancer le ploggathon. La manifestation, relayée un peu partout en France jusqu’à la fin du mois, doit permettre à tous, sportifs ou simples joggeurs, d’enfiler leurs baskets, de prendre un sac. Et de ramasser ce qu’ils trouvent en chemin.

Clément Chapel, lors son premier record du monde officieux, avait ramené 39 kg de déchets, après avoir parcouru 55,9 km de course en 9h45. Clément Chapel, lors son premier record du monde officieux, avait ramené 39 kg de déchets, après avoir parcouru 55,9 km de course en 9h45. - Association Ploggathon

Agir, montrer par l’exemple, plutôt que condamner. L’an passé, Nicolas Vandenelsken avait proposé aux organisateurs du Tour de France de finir le dernier kilomètre de chaque étape du Tour en ramassant les déchets. Cette saison, il a poussé plus loin son idée. Le GreeNico Tour, c’est un tour de France du plogging qui doit s’élancer de Vieux-Condé, dans le Nord, à la mi-août. Pour s’achever symboliquement à Paris le 8 décembre, journée mondiale pour le climat. « Chaque jour, sur des deux derniers kilomètres, je pourrais être rejoint par des enfants, explique l’organisateur qui entre actuellement en contact avec les écoles et les collectivités pour impliquer un maximum de personnes autour de son projet. « Cela touche à la fois à l’environnement et à la lutte contre le sédentarisme. J’aimerais intégrer dans ma démarche les villes labellisées "terre de Jeux" pour les JO 2024 ».

Au programme, 115 jours de course sur des distances de 36 km. Et pas besoin de se creuser la tête pour les parcours adaptés au projet. « Malheureusement, il n’y a qu’à se baisser pour trouver des déchets », conclut Nicolas Lemonnier.

Du 13 au 31 mai, 5.000 participants sont attendus à travers la France pour courir et ramassaer des déchets dans le cadre du ploggathon. « A chaque palier de 100 (100 personnes, 100 km parcourus ou 100 kg de déchets ramassés), l’association s’engage à planter des arbres fruitiers avec les écoles dans le cadre d’un programme pédagogique », souligne Clément Chapel, son organisateur. Pour cela, il faut s’inscrire au préalable. Le dossard coûte 13 euros. « C’est ce qui permettra de financer la plantation des arbres ».

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