Lille : Salarier les livreurs de repas à vélo, qu'est-ce que ça change ?

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Les livreurs de Just Eat sont salariés (illustration).

Les livreurs de Just Eat sont salariés (illustration). — Just Eat
La plateforme Just Eat a décidé de salarier ses livreurs de repas à vélo dans plusieurs villes. A Lille, le service a été lancé il y a un mois et compte déjà 120 employés. Un chiffre qui sera porté à 400 d’ici fin 2021. Selon Just Eat, la livraison a domicile, boostée par la crise sanitaire, devrait continuer de croître.

Just salariés. Ils sont partout et de plus en plus nombreux depuis le début de la crise du coronavirus. Le métier de livreur à vélo a connu une croissance exceptionnelle avec la fermeture administrative  des restaurants depuis plus de six mois. Les plateformes qui se partagent ce juteux marché fonctionnaient jusqu’alors toutes sur le même modèle, employant des livreurs auto-entrepreneurs. A Lille et dans trois autres villes françaises, Just Eat a décidé de miser sur le salariat.

Cela fait un peu moins d’un mois que l’on voit des livreurs tout d’orange vêtus sillonner les rues de la capitale des Flandres. Un uniforme qui identifie tout de suite la marque, et tranche radicalement avec les tenues dépareillées de leurs collègues des autres plateformes. Selon l’entreprise, 120 livreurs ont déjà été recrutés en CDI à Lille. « Ils sont soit en temps complet, soit à temps partiel sur la base d’une rémunération à 10,30 euros brut de l’heure », assure Mélelyne Rabot, directrice générale de Just Eat France. Soit un Smic bonifié de « quelques centimes » par course pour ne pas entrer dans « une course à la commande », poursuit la responsable.

A vélo et uniquement à vélo

L’entreprise n’est pas spécialement philanthrope et y trouve son compte « avec un certain volume de commandes » et une commission de « 25 à 30 % » payée par les restaurateurs partenaires. Pour les livreurs, Mélelyne Rabot pointe un « effet vertueux ». « Ils ont un revenu fixe garanti, une couverture sociale, ne sont pas obnubilés par le temps et bénéficient de formations. »

Un autre avantage théorique devrait sauter aux yeux des usagers de la voie publique. Beaucoup de livreurs des autres plateformes ont délaissé leur vélo pour enfourcher un scooter sans pour autant changer leur comportement sur la route. Certains se déplacent aussi désormais en voiture, voire à moto. Pas de ça chez Just Eat : « Ils ont l’interdiction de circuler avec autre chose que leur vélo – ce qui est aussi normalement le cas chez nos concurrents, affirme la directrice générale. Des contrôles sont opérés sur le terrain par des livreurs ''captain'' et les manquements peuvent être sanctionnés ».

Un statut de salarié qui permettrait donc un meilleur contrôle des comportements. Il éviterait aussi que des titulaires de compte fassent travailler illégalement des tiers en leur nom.

Un marché qui va perdurer au-delà de la crise sanitaire

Autant d’avantages entraineraient-ils un raz de marée de candidatures de livreurs d’autres plateformes chez Just Eat ? Pas vraiment, en fait. « Il y en a, oui. Mais le système du salariat n’intéresse pas les livreurs qui comptent sur le nombre de commandes pour faire du chiffre », déclare Mélelyne Rabot. Sauf que certains peuvent cumuler les deux systèmes à temps partiel.

La bulle de la livraison à domicile va-t-elle finir par craquer ? « 95 % de nos restaurants partenaires sur Lille ont assuré qu’ils allaient maintenir la livraison à domicile après la crise. La tendance est de toute façon à la hausse depuis plusieurs années, même si le Covid a fortement accéléré cette hausse », nous explique la responsabke. Par conséquent, Just Eat compte porter sa flotte de livreurs salariés à 400 d’ici la fin 2021. Ce service doit prochainement être lancé à Nantes et Strasbourg.

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