Ligue des champions : Pourquoi le Losc a-t-il un gros manque de culture européenne ?

Il y a 5 jours 19

Il y a des signes qui ne trompent pas. Pour son retour en Ligue des champions ce mardi face à Wolfsburg, le Losc ne fera pas le plein au stade Pierre-Mauroy. Sur les 50.000 places de l’enceinte, seules 30.000 ont trouvé preneur. Un chiffre faiblard pour une telle compétition

« Je pense que le groupe du Losc [Wolfsburg, Salzbourg, Séville] ne fait pas rêver. Pourtant, ce sont trois bonnes équipes mais ce n’est pas le genre d’adversaire espéré quand on va en Ligue des champions », reconnaît Denis, supporter lillois et rédacteur du site Drogue, bière et complot contre le Losc, un blog spécialisé dans l’histoire du club.

Pas une victoire en poule depuis 2006 !

Au-delà du pedigree des adversaires, les récents résultats du Losc en Coupe d’Europe ont sans doute aussi refroidi pas mal de supporters. Il y a deux ans, lors de la dernière campagne du club en Ligue des champions, Lille n’avait pris qu’un petit point en six matchs dans un groupe relevé (Chelsea, Ajax, Valence). Plus largement, les fans du Losc attendent une victoire à domicile en phase de poules de Ligue des champions depuis… 2006 soit dix matchs de rang (2011, 2012, 2019), série en cours.

« On est un gros nain au niveau européen dans l’impossibilité de faire une carrière au-delà des groupes. C’est difficile d’aller en demie ou en quarts. On est dans l’optique d’un club qui espère aller en huitièmes de finale. On a un bon vécu en Coupe d’Europe par rapport à un bon nombre de clubs. Mais on n’a passé qu’une seule fois la phase de groupes », admet Patrick Robert, président de l’association du Losc et historien du club nordiste.

Une présence régulière en Europe sans gros résultats

De quoi se demander si Lille a vraiment une culture européenne. Si l’on se fie aux chiffres, aucun doute. Avec 118 matchs de Coupe d’Europe joués depuis 2001 et 13 participations sur les 20 dernières années, le club nordiste est le quatrième club français le plus performant derrière le PSG, l’OL et l’OM. Pourtant, aucune épopée, aucun match vraiment gravé dans les mémoires à l’exception de coups d’un soir contre l’AC Milan ou Liverpool.

Dans ces conditions, difficile de défendre les performances nordistes en Coupe d’Europe même pour les fans les plus fervents. « On nous dit souvent que Lille ne fait jamais rien en Europe. Pourtant il y a eu des victoires [en poule] contre Manchester, Milan, Séville. Maintenant, j’ai plus de mal à défendre ça. Quand on perd contre le Bate Borisov ou les Azéris de Qarabag, c’est difficile à justifier. Il nous manque un beau parcours européen pour être totalement légitime », assure Denis.

Une instabilité interne qui n’aide pas

Paradoxalement c’est au moment où le Losc a atteint les sommets nationaux avec le doublé en 2011 que les performances des Dogues ont commencé à décliner. De 2001 à 2010, le Losc a atteint à cinq reprises les huitièmes de finale d’une Coupe d’Europe (2002,2005, 2006, 2007, 2010). Mais depuis dix ans, c’est le désert ou presque à l’exception du seizième de finale perdu la saison passée contre l’Ajax. Comment expliquer une telle lose ?

Pour Patrick Robert, les soubresauts internes au club depuis dix ans n’ont pas aidé. « On est passé de Seydoux à Lopez puis de Lopez à Melvyn Partners. Sous Seydoux, on est champion grâce à la formation, sous Lopez, il n’y a plus de formation et aujourd’hui, on recommence la formation. Ce sont des choses qui ne favorisent pas la stabilité et l’épanouissement à long terme. Ces dernières années n’ont pas été un long fleuve tranquille », reconnaît le président de l’association Losc avant de conclure sur un message optimiste.

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« Vu d’où l’on vient, c’est loin d’être négatif en 20 ans. Après tu es plongé dans un contexte qui te dépasse un peu. Tu as le problème du tirage au sort, de l’ambiance, de l’expérience des joueurs. Moi, je considère qu’une qualification en Ligue des champions est déjà un gros pas en avant. On a une petite culture européenne qu’il faut remettre en cause tous les ans », lâche le dirigeant lillois. Mais pour l’instant, le plafond de verre européen, indispensable à briser pour rentrer dans le cœur des Français, reste incassable.

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