Le maire de Roubaix risque de la prison avec sursis et l'inéligibilité pour escroquerie

Il y a 1 semaine 50

Il était jugé avec son clan et celui de son premier adjoint pour un système frauduleux de défiscalisation via des micro-partis. Le maire (DVD) de Roubaix, dans le Nord, risque 18 mois d’emprisonnement avec sursis et trois ans d’inéligibilité. C’est ce qu’a demandé le ministère public, ce vendredi, au tribunal correctionnel de Lille, lors du procès pour escroquerie en bande organisée contre quatorze personnes.

Dans ce dossier, le procureur a requis les peines les plus lourdes à l’encontre du premier adjoint Max-André Pick et d’un de ses proches, Pascal Legrand, considérés comme les organisateurs du système : 18 mois d’emprisonnement dont six avec sursis, 20.000 euros d’amende, inéligibilité de trois ans et interdiction de toute fonction publique pendant cinq ans.

« Un exemple de détournement de la démocratie »

« Ce dossier est un exemple de détournement de la démocratie et des règles du financement de la vie politique, a dénoncé le procureur. Il n’est pas supportable que des élus abusent de leur position pour échapper au paiement de l’impôt. » Environ 230.000 euros de dons, à la fois défiscalisés puis en partie ou en totalité remboursés aux donateurs via des associations écrans entre 2015 et 2020, sont en jeu.

Le procureur a rappelé que l’épouse de Guillaume Delbar, Caroline, présentée jeudi comme celle qui gérait les finances au sein du couple, avait reconnu avoir mobilisé leurs proches en 2015 pour le financement de la campagne, après un refus de prêt bancaire.

« L’argent, ce n’est pas mon moteur »

« L’argent, ce n’est pas mon moteur », avait affirmé Guillaume Delbar au tribunal, plaidant la bonne foi dans cette affaire. Alors qu’il dirige « une commune au budget de 195 millions d’euros, il est un peu étonnant que le maire ne s’intéresse pas aux modalités de financement de sa propre campagne électorale. C’est le nerf de la guerre », a pointé le procureur.

Comment peut-on penser que les prévenus croyaient de bonne foi le système légal avec « un avantage qui dépasse le montant du don » ? s’est interrogé pour sa part l’avocat de l’Etat, partie civile au dossier, Xavier Normand-Bodard.

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