Hauts-de-France : Le conseil régional défend son action pour la transition écologique

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L'hémicycle du conseil régional des Hauts-de-France.

L'hémicycle du conseil régional des Hauts-de-France. — Gilles Durand / 20 Minutes
La région Hauts-de-France a été pointée du doigt dans un classement sur les actions pour la transition écologique. La transition écologique est effectivement une compétence régionale. L’institution déplore une méthodologie qui ne reflète pas les politiques mises en œuvre.

Il y a quelques semaines, soutenu par l’association Générations futures, le premier « Enviroscore » des régions était publié en ligne. Il s’agissait d’évaluer le bilan des actions entreprises lors de la dernière mandature, entre 2016 et 2021, en termes de transition écologique. Arrivée dernière au classement, la région Hauts-de-France a tenu à défendre sa politique, dénonçant notamment des « indicateurs dont la fiabilité interroge ».

La transition écologique est une véritable compétence des régions, notamment depuis qu’elles ont été obligées, dans le cadre de la loi NOTRe du 7 août 2015, d’adopter un Schéma Régional d’Aménagement de Développement Durable et d’Égalité des Territoires (Sraddet). Et ce Schéma doit notamment fixer « les objectifs de maîtrise et de valorisation de l’énergie, de lutte contre le changement climatique, de lutte contre la pollution de l’air et de biodiversité », explique l'association Régions de France.

Des indicateurs dépendant de «multiples acteurs»

Est-il pertinent que l’Enviroscore prenne en compte les épisodes de pollution de l’air pour évaluer l’efficacité des politiques mises en œuvre par la région ? « Mesurer la consommation d’énergie dans une région, les épisodes de pollution de l’air, l’utilisation de pesticides, la qualité de l’eau des lacs et rivières […] n’est pas un indicateur de la qualité des actions des Régions, collectivités locales, en faveur de la transition écologique », assure pour sa part Laurent Vercruysse, directeur général des services de la Région.

Pourtant, dans le «Plan régional santé environnement 3 » couvrant la période 2017-2021, le conseil régional avait annoncé des actions destinées à réduire la pollution de fond : « Programme de Surveillance de la Qualité de l’Air (PRSQA) 2017-2021, mise en œuvre des Plans de Protection de l’Atmosphère (réalisation de plans de déplacement par les entreprises, limitation des émissions dues aux équipements individuels de combustion au bois…), gestion des épisodes de pollution aux particules fines, contrôle des sites industriels les plus polluants ».

Le DGS de la Région souligne par ailleurs que « les indicateurs retenus par cette association dépendent de l’action de multiples acteurs, en premier chef desquels l’Etat ». C’est notamment vrai pour ce qui est de l’utilisation des pesticides dans l’agriculture, encadrée par le plan gouvernemental « Ecophyto 2 + » dont le pilotage en Hauts-de-France est assuré par la Direction régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt (DRAAF), avec l’appui de la Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL).

Des chiffres et des mots

Sur le bio aussi association et institution ne sont pas d’accord sur les indicateurs utilisés. « Prendre en compte le pourcentage de surface agricole utile convertie au bio ne mesure pas l’action de la région en faveur du bio », conteste Laurent Vercruysse. Lui, il préfère se référer au nombre de fermes converties au bio, un chiffre en augmentation de 18 % entre 2018 et 2019.

Enviroscore reproche aussi à la région l’absence de Schéma de promotion des achats socialement et écologiquement responsables (SPASER), ce qui était toujours vrai en février 2020 selon le Réseau des collectivités territoriales pour une économie solidaire. Faux pour le DGS qui assure que la région « dispose de sa stratégie d’achats responsables délibérée en début de mandat ».

La région affirme investir « énormément dans la transition écologique ». Selon l’association Régions de France, en 2018, les Hauts-de-France ont consacré 98 millions d’euros pour l’aménagement du territoire et l’environnement, soit 3 % des « dépenses réelles totales ». A titre de comparaison, le Grand-Est, meilleur élève selon l’Enviroscore, a dépensé 118 millions d’euros en 2018 dans ces domaines (4 % des dépenses réelles totales).

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