Coronavirus dans l’Aisne : Fabricant d’instruments de musique depuis près de 200 ans, il est menacé par la crise sanitaire

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De Sidney Bechet à la fanfare de la Garde républicaine, ses clarinettes ou tambours ont fait le tour du monde. Mais désormais réduit au silence par la crise sanitaire, le fabricant d’instruments PGM-Couesnon, dont le savoir-faire a date de 1827, « se bat pour survivre ».

Le coup d’arrêt planétaire à la vie musicale, aux festivités et aux concerts a fait chuter de plus de 50 % les commandes pour cette PME d’Etampes-sur-Marne, dans l'Aisne, l’une des deux dernières entreprises du secteur en France. Pour 2021, le chiffre d’affaires devrait chuter de 520.000 à 270.000 euros.

« On se bat pour survivre »

« On se bat pour survivre », déplore Sophie Glace, co-gérante avec sa mère, Ginette Planson. Avec une production de cuivres et de percussions destinée à 80 % à l’export --notamment les fanfares militaires d’Afrique et d’Amérique latine-- « quand il y avait une crise en France, on se rabattait sur l’étranger mais là, c’était impossible ».

Les neuf salariés, tous ouvriers polyvalents et musiciens, sont en chômage partiel jusqu’à la fin de l’année. « L’Afrique a été un peu moins touchée, il y a donc en ce moment un frémissement, une timide reprise des devis », veut espérer Sophie Glace.

Mais en France, où la PME met notamment en musique la Garde républicaine, et malgré le pass sanitaire, « les formations musicales sont encore en jauge réduite et touchées aussi par une baisse des recettes ».

« Rouleau compresseur asiatique »

Leader mondial dans la fabrication d’instruments à vents et percussions dans les années 1900, avec six sites de production en France, Couesnon renait après la seconde guerre mondiale, porté par l’essor du jazz. Sidney Bechet, Alexandre Lagoya, Roy Eldridge, Bill Coleman, les grands noms de la musique vantent ses instruments.

Mais en 1979, un incendie criminel ravage l’usine. Ginette Planson, alors salariée licenciée, reprend l’activité avec la fabrication de housses d’instruments dans le sous-sol de sa maison et crée l’entreprise PGM, inventant au passage « des tambours en fibre de verre, plus résistant et plus léger, ça a très bien marché ».

Mais plus encore que la pandémie, la menace vient du « rouleau compresseur qui inonde le marché, le géant asiatique Yamaha », détaille Sophie Glace. Leurs instruments sont dix fois moins chers, reconnaît-elle, mais avec un bémol : « Le métal est bien moins résistant dans le temps, et surtout, cela crée une uniformisation du son, qui devient terrible dans le monde de la musique. »

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