Boulogne-sur-Mer déclare la guerre aux goélands qui squattent le centre-ville

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Un jeune goéland sur le port de Boulogne-sur-Mer.

Un jeune goéland sur le port de Boulogne-sur-Mer. — Nicolas Montard
Chaque année, Boulogne-sur-Mer tente d’empêcher la nidification des goélands dans le centre-ville. Ce printemps, la municipalité va utiliser un drone pour repérer les endroits concernés. Fientes, bruit, poubelles éventrées…, la multiplication des goélands pourrait être intenable sans action de la mairie.

Place au drone ! Voici la nouvelle arme de la municipalité de Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais, pour lutter… contre les goélands. Ou plutôt les déplacer. « Avec ce drone, nous pouvons survoler les toitures des immeubles pour repérer les zones susceptibles d’accueillir des nids », expliquent Jérémie Marion, responsable d’Opale Capture, service animalier lié à la Ville, et Xavier Pruvost, conseiller municipal chargé des actions relatives aux animaux. « Nous gagnons beaucoup de temps, c’est plus sécurisé, tout en nous permettant de surveiller des endroits difficilement accessibles », affirment-ils.

Ce drone, prêté à la municipalité par la société de Xavier Pruvost, Côté Drone, est le symbole du combat contre la prolifération des goélands dans les centres-villes balnéaires. Avec la disparition de leur habitat naturel (éboulement des falaises, urbanisation) et des décharges à ciel ouvert, les goélands argentés se rabattent sur les agglomérations. Tant qu’ils prolifèrent dans la zone portuaire de Capécure à Boulogne-sur-Mer, pas de souci. Dans le centre-ville, c’est plus problématique, avec le bruit, les déjections, les poubelles éventrées et détritus étalés dans toutes les rues, sans oublier parfois une plus grande agressivité pendant les périodes de ponte ou nourrissage des petits. Sur les toits, leurs nids peuvent également boucher les évacuations.

La municipalité a déployé des panneaux sur la promenade entre les aubettes à poissons et Nausicaa pour rappeler qu'il ne faut pas nourrir les goélands. La municipalité a déployé des panneaux sur la promenade entre les aubettes à poissons et Nausicaa pour rappeler qu'il ne faut pas nourrir les goélands. - Nicolas Montard

D’où, chaque année, la mobilisation des services pendant la période de nidification, entre mars et mi-mai. « L’idée est de limiter la nidification dans le centre-ville, donc la construction de nids, car une fois qu’il y a un œuf, on ne peut pas le détruire, le goéland argenté étant une espèce protégée. » Il faut donc enlever tout élément, comme des branchages, qui pourrait permettre aux goélands de construire leur habitat ici, et finalement les inciter à rejoindre la zone portuaire.

Tapis de fakir, panneaux, poubelles…

À Boulogne-sur-Mer, cette lutte nécessite une pleine collaboration entre bailleurs, propriétaires et municipalité. Si un habitant s’aperçoit que des goélands risquent de s’installer, il contacte le service animalier. Jérémie Marion effectue le diagnostic et donne ses préconisations : nettoyage, installation de tapis de fakir (treillis métalliques) sur les toits-terrasses pour décourager les goélands de s’y poser, etc. L’intervention est gratuite. En revanche, on ne stérilise pas les œufs dans les nids, méthode qui a été employée ailleurs en France, comme à Nice ou à Calais. La municipalité boulonnaise suit les préconisations du groupe ornithologique du Nord-Pas-de-Calais.

Le nombre de goélands squattant le centre-ville du premier port de pêche de France représente environ une centaine de couples. Lutter contre leur présence se joue aussi au ras du sol. Ainsi, la Ville a multiplié poubelles enterrées et bacs à déchets fermés, les oiseaux étant particulièrement attirés par les détritus. Et des panneaux ont été récemment installés pour rappeler aux amateurs de frites qu’il ne faut surtout pas leur donner à manger.

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