Coronavirus à Lille : « On ouvrira à 9 heures au lieu de 10 », annoncent les commerçants pour s’adapter au couvre-feu

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Lille, le 22 juin 2017 - Rues commercantes du Vieux Lille

Lille, le 22 juin 2017 - Rues commercantes du Vieux Lille — Olivier Aballain / 20 Minutes
Un couvre-feu a 18 heures est instauré à partir de samedi pour 15 jours dans toute la France pour lutter contre la propagation du coronavirus. Une mesure qui oblige les commerçants à s’adapter une nouvelle fois. A Lille, ils ont prévu d’ouvrir plus tôt leurs magasins tout en redoutant déjà un confinement le week-end

Ils n’ont pas sauté de joie à l’annonce de Jean Castex mais au moins, le pire a été évité. Avec le couvre-feu instauré dès 18 heures dans toute la France à partir de ce samedi et pour 15 jours, les commerçants de Lille ont pris une nouvelle claque dans la figure. Mais pour l’instant, un troisième confinement général, ou un confinement le week-end ne sont pas (encore) à l’ordre du jour. Pas de fermeture comme en mars ou en novembre ni de différences entre commerces essentiels et non-essentiels. Comme d’habitude depuis le début de la pandémie, l’adaptabilité sera encore le maître mot. Et s’il faut fermer plus tôt, alors les magasins ouvriront plus tôt.

« On y réfléchit depuis plusieurs jours. On ouvrira à 9 heures au lieu de 10 heures. Et on restera ouvert entre 12 heures et 14 heures. On fera une grosse communication là-dessus rapidement. On dira aux clients qu’on est toujours là pour eux mais un peu plus tôt le matin et un peu plus tard le soir. Tant qu’on évite un nouveau confinement, on s’adaptera même si ça posera forcément des problèmes à certains secteurs. On ne peut pas s’habituer à vivre comme ça », assure Romuald Catoire, président de la fédération lilloise du commerce.

Une baisse de fréquentation pendant les fêtes par rapport à 2019

Déprimés après une annus 2020 horribilis, les commerçants lillois essaient de relever la tête. Comme redouté, les fêtes de fin d’année n’ont pas eu le succès escompté avec une baisse de fréquentation estimée entre 10 % et 15 % par rapport à l’an passé. L’absence de touristes étrangers comme les Anglais ou les Belges est une explication mais pas seulement. « On a eu des samedis assez creux. C’est logique car quand on ne peut pas aller boire un café pour se détendre ou même pour aller satisfaire un besoin naturel, c’est compliqué de rester plusieurs heures à Lille. On a clairement perdu en convivialité », reconnaît Romuald Catoire.

Heureusement, si les clients sont venus moins nombreux, ils ont plus dépensé. Certains secteurs comme l’équipement de la maison ont même vu leur chiffre progresser par rapport à décembre 2019 (mais pas sur l’ensemble de l’année). A l’inverse, le prêt-à-porter a beaucoup souffert et compte sur les soldes, qui débutent le 20 janvier, pour se refaire la cerise ou au moins limiter la casse. Quant aux bars et restaurants fermés depuis fin octobre, la situation devient critique. « On est très inquiets. Tout est fait pour pouvoir les accompagner mais malheureusement, ça ne suffit pas. On commence à voir des inquiétudes qui pèsent. Même si le remboursement du PGE reporté à 2022 est une bonne nouvelle », explique le président de la fédération du commerce lillois.

La peur d’un confinement le week-end

La pandémie a aussi entraîné de nouvelles habitudes comme le click and collect de plus en plus prisé. Les clients se sont aussi habitués aux gestes barrière et n’en finissent plus de témoigner leur soutien aux commerçants dans cette période compliquée. « On a des messages tous les jours sur les réseaux sociaux. On nous a envoyé des boîtes de chocolats. On sent une vraie solidarité car on est tous dans le même bateau », lâche Romuald Catoire.

Notre dossier sur le couvre-feu

Entre abattement et espoir, l’humeur des commerçants varie tous les jours voire même toutes les heures. Le couvre-feu à 18 heures est un moindre mal mais beaucoup redoutent déjà la mise en place prochaine d’un confinement le week-end. « Ce serait une catastrophe humaine. » A genoux depuis un an, les commerçants ne veulent pas s’effondrer définitivement.

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